Edito - Octobre 2001


 

Nous publions sur ce site un Communiqué d'information relatant l'infiltration de l'extrême-droite dans un "domaine" où personne ne l'attendait : le rap.

Nous savons que le simple fait de vous amener à lire les documents qu'il contient est un acte de nuisance à l'égard des formations que nous citons.
Car la mise à jour de leurs objectifs, moyens et soutiens, et sa divulgation au plus grand nombre, sont une manière efficace de contrer la progression de ce genre d'imposture.

On dit que "l'information circule", il est bien temps de le prouver...

 

 

" Le petit bourgeois est hostile à l'idée de développement, car le développement se fait invariablement contre lui : le progrès ne lui a rien apporté, si ce n'est des dettes insolvables.
Le national-socialisme rejette le marxisme, mais aussi de darwinisme.
Les nazis maudissent le matérialisme, car les victoires de la technique sur la nature ont entraîné la victoire du grand capital sur le petit.
Les chefs du mouvement liquident "l'intellectualisme" non pas tant parce qu'eux-mêmes possèdent des intelligences de deuxième ou de troisième ordre, mais surtout parce que leur rôle historique ne saurait admettre qu'une pensée soit menée jusqu'à son terme.
Le petit bourgeois a besoin d'une instance supérieure, placée au-dessus de la matière et de l'histoire, et protégée de la concurrence, de l'inflation, de la crise et de la vente aux enchères.
Au dévelopement, à la pensée économique, au rationnalisme (aux XXe, XIXe, et XVIIIe siècles) s'opposent l'idéalisme nationaliste, en tant que source du principe héroïque.
La nation d'Hitler est l'ombre mythique de la petite bourgeoisie elle-même, son rêve pathétique d'un royaume millénaire sur terre.
[...] Pour élever la nation au-dessus de l'histoire, on lui donne le soutien de la race. L'histoire est vue comme une émanation de la race. Les qualités de la race sont construites indépendamment des conditions sociales changeantes.
Rejetant "la pensée économique" comme vile, le national-socialisme descend d'un étage plus bas : du matérialisme économique, il passe au matérialisme zoologique.
[...] Le fascisme a amené à la politique les bas-fonds de la société.
Non seulement dans les maisons paysannes, mais aussi dans les gratte-ciel des villes, vivent encore aujourd'hui, à côté du XXe siècle, le Xe et le XIIIe siècles.
Des centaines de millions de gens utilisent le courant électrique, sans cesser de croire à la force magique des gestes et des incantations.
Le pape à Rome, prêche à la radio sur le miracle de la transmutation de l'eau en vin. Les veilleuses mécaniques, créées par le génie de l'homme, portent des amulettes sous leur combinaison. Quelles réserves inépuisables d'obscurantisme, d'ignorance et de barbarie !
Le désespoir les a fait se dresser, le fascisme leur a donné un drapeau. Tout ce qu'un développement sans obstacle de la société aurait dû rejeter de l'organisme national, sous la forme d'excréments de la culture, est maintenant vomi : la civilisation capitaliste vomit une barbarie non digérée.
Telle est la physiologie du national-socialisme.
"

Léon TROTSKY,
Qu'est-ce que le national-socialisme ?,
10 juin 1933

 

" Dans sa forme pure le fascisme est la somme de toutes les réactions caractérielles irrationnelles de l'homme moyen.
[...] L'idéologie raciste est l'expression caractérielle biopathique de l'homme frappé d'impuissance orgastique.
[...] La mentalité fasciste est la mentalité du "simple d'esprit" opprimé, avide d'autorité et en même temps séditieux.
Ce n'est pas le fait du hasard si tous les dictateurs fascistes se sont toujours recrutés dans la petite bourgeoisie médiocre et réactionnaire. Le gros industriel et le militariste féodal tirent avantage de ce fait social, issu de l'oppression universelle de la vie. La civilisation autoritaire et mécaniste ne récolte chez le citoyen asservi, sous forme de fascisme, que le mysticisme, le militarisme et l'automatisme qu'elle n'a cessé de répandre parmi la foule des petites gens opprimée.
[...] Le caractère sadique et pervers de l'idéologie raciste apparaît aussi dans son attitude face à la religion.
On a prétendu que le fascisme marquerait le retour au paganisme, qu'il serait l'ennemi mortel de la religion. Or, le contraire est vrai ! Le fascisme est une forme exacerbée du mysticisme religieux, il est son expression sociale spécifique.
Le fascisme soutient cette forme particulière de religiosité qui a son origine dans la perversion sexuelle, il transforme le caractère masochiste de la religion de souffrance de l'ancien patriarcat en une religion sadique.
En procédant ainsi, il transplante la religion depuis l'au-delà propre à la philosophie de la souffrance jusque dans la sphère bien "terrestre" de l'assassinat sadique.
"

Wilhem REICH,
Préface à la troisième édition de La psychologie de masse du fascisme,
août 1942.

 

" Le faux choix dans l'abondance spectaculaire, choix qui réside dans la juxtaposition de spectacles concurrentiels et solidaires comme dans la juxtaposition des rôles (principalement signifiés et portés par des objets) qui sont à la fois exclusifs et imbriqués, se développe en lutte de qualités fantomatiques destinées à passionner l'adhésion à la trivialité quantitative.
Ainsi renaissent de fausses oppositions archaïques, des régionalismes ou des racismes chargés de transfigurer en supériorité ontologique fantastique la vulgarité des places hiérarchiques dans la consommation.
"

Guy DEBORD,
La société du spectacle,
1967.