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Rapaces

" Trime #1 "

Trime, trime : fabrique / ce décor atroce,
Cet abîme du fric / qui emporte déjà tes gosses.
Tu travailles à te nuire, / tu le sais mais tu penses fuir
La bataille à venir, / nécessaire à t’affranchir.

Vends-toi et ta vie ne vaudra rien,
Du bourgeois tu ne seras que le chien.
Vois sa tronche clean, elle prospère sur ton effort.
Ton patron : la vermine qui prolifère sur ton sort !

Dès l’enfance, la discipline est de mise
Sans résistance, l’Etat t’endoctrine à son biz.
Les marchands standardisent tes désirs,
Imposant leur emprise sur ton devenir.

Pas de négociation, ta condition est celle d’un pion
Dont la fonction est la production de l’abjection.
Il n’y a d’abondance que dans la dépossession
De ton existence : balance tes illusions !

Chômage de masse et la peur glace la populace,
Chantage au taf : L’Exploiteur t’écrase la face !
L’entreprise carcérale dicte sa loi sans pitié
Et tu miseras ton futal pour y avoir un métier !

Emietté, morcelé, en somme séparé
Des amitiés, au sort scellé comme salarié
Sans force fais le mort, sommé de la fermer
A tort t’acceptes le rapport prôné par ces fumiers.

Les brigades managériales traquent ta liberté
De brimades en morales, te formatent l’intimité.
Etranger à toi-même, pauvre ressource humaine :
Aliéné, tel est le problème, qu’on détrousse à la chaîne !

En concurrence avec la machine, tu baisses l’échine.
A la cadence que tu chagrines, ils encaissent, tu te ruines.
Dans le stress, tu accumules les besognes inutiles
Et engraisse le pécule des charognes mercantiles.

Elle te puise ta vie, t’épuise à vie sans merci
Pas d’issue, que tu puisses fuir la Bourgeoisie
Classe sans âme, qui te crame au champ des braves
Quand son programme ne t’réduit pas au rang d’esclave.

Qu’en est-il du futur proche des masses
Quand les galures nous rossent et menacent
D’anéantir partout les droits ouvriers
Et d’investir en tout leur loi d’usuriers ?

Des temps déments approchent à grand pas,
Où le régiment de Moloch prendra en repas,
Les mamans et les mioches. Ca filera à trépas !
N’attends donc pas que te fauchent ces fils à papa.

Car la raclure capitaliste s’organise vélocement
Pour la dictature fasciste, aiguise son armement :
Surveillance technologique, monopole médiatique,
Cette engeance tyrannique nous contrôle et nous flique !

Ca se complique, mais la critique verra bientôt la pratique.
Authentique et dialectique, sera le prolo en réplique.
Au bureau, en fête à l’usine, on pendra le proprio
Au ghetto et même en Chine, partagera le magot.

On décrétera la grève générale insurrectionnelle
Ricane pas, cette guerre globale sera exceptionnelle
Car la révolution comme solution au cataclysme
Sera la seule option, dans l’union et l’athéisme.

L’armée nous fera barrage protégeant les benefs,
Amassés en héritages des dirigeants du MEDEF.
Mais cette fois, les soldats connaîtront la débandade
Dont on se jouera en corrida par un front d’embuscades.

Banquiers, industriels de la planète seront liquidés
Les ouvriers dans les soviets pourront tout décider.
L’art et le plaisir sonneront l’heure de ta gloire,
Le départ de ton avenir, bâtisseur de l’Histoire.

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