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Rapaces

" Trime #2 "

On te canalyse, paralyse, pour que tu n'analyses
Pas tes conditions de merde qui se banalisent.
On te baise, te brise, ça sent le malaise,
Chaque jour, la crise te rapproche de la falaise.

Et c'est balèze, on accepte des tafs que l'on deteste,
Nous pèsent comme la flexibilité empeste.
On peste, passe le temps à trimer, endoctrinés.
Là où la vie trépasse, le capital est multiplié.

On est des pions dans un putain d'échiquier
Leur hiérarchie fait illusion, mais c'est du chiqué !
On est fliqués, sommés d'abdiquer...
A la première occas' de se soumettre aux règles de base appliquées :

Sans éthique et, en somme, toujours étriqué
Le travail est la mort de l'Homme qui s'y soumet.
Et faut suer ! Sans broncher, assumer,
Laisser faire les affaires de ceux qui, en guerre, ont tout calculé.

On te maîtrise, te méprise,
Sous le contrôle [l'emprise] de l'entreprise
La base est fausse et mauvaise, l'partage est foutaise
La base est fausse et mauvaise, l'partage est foutaise

Au taf... On te baise ! Au boulot... On te baise !
C'est toujours les mêmes qui triment, et les mêmes qui pèsent.
Hier dans les mines, aujourd'hui jusqu'au tertiaire,
L'entreprise t'abime, te mine, te déconsidère.

Action suicidaire, la vie est niée pour faire
fructifier ses profits, faire qu'ils prolifèrent.
On la ferme, subit, horaire contre salaire
Les temps de loisirs comme alibi mortifère.

Galère moderne, esclaves qu'on maintient dans la peur,
Qu'on exploite et materne en tant que consommateur.
Même à terre, les relans marchands sont bien flatteurs,
Enjoleurs, calmants amères, lissant les clameurs.

Oppresseurs, c'est patrons forts contre travailleurs
quand chacun se crève à l'effort pour une vie meilleure.
Le payeur te mate à l'envie, sème la terreur,
Te pille sans gêne, légitime exploiteur.

On te maîtrise, te méprise,
Sous le contrôle [l'emprise] de l'entreprise
La base est fausse et mauvaise, l'partage est foutaise
La base est fausse et mauvaise, l'partage est foutaise

Vois, les braises brulent,
Le malaise s'articule autour de nos choix qui reculent
Les affaires s'accroient, nos voix capitulent,
Quand les lois bousculent nos derniers droits.

Profits tirés à coup de sueur humaine
Le court terme privilégié à l'extrême.
Le vail-tra, éternelle rengaine qui guide les bêtes
Enchaine les vies, les vide, les déchiquette

Privé de temps, de liberté, de rêve,
L'Homme crève, de tout s'qu'on lui enlève.
Labeur incisif, transmis de père en fils, sans trève...
Comme un Sysiphe que tout rabaisse et rien n'élève.

 

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