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Septembre 2010
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Remarques élémentaires sur l’orchestration générale
Terminator contre les bisounours ou le paradoxe de la chute finale
Le spectacle de la contestation du dernier projet de réforme des retraites est d’abord une nouvelle démonstration de force des tenants de la domestication du prolétariat. Dans ce cirque du cynisme, les appareils politiques de gauche ne sont pas en reste, eux qui multiplient les insultes à la clairvoyance des travailleurs. Chacun peut facilement connaître les monticules de crimes et de trahisons que ces formations, devenues l’autre versant de la gouvernance bourgeoise au siècle passé, charrient dans leur sillage. Le PS ose pavaner à nouveau dans la rue, lui qui est un exécuteur privilégié, en France comme ailleurs, des adaptations les plus infâmes de la population à la tyrannie patronale depuis 3 décennies. Changeant tout pour que tout empire, il surfe sur le présent perpétuel et parie tant sur l’amnésie que sur la lobotomie des masses. Les crétins que nous serions devraient ignorer que c’est Dominique Strauss Kahn, candidat socialiste aux prochaines élections présidentielles et favori dans les sondages, qui dirige le FMI, organe de la prédation financière mondiale, lequel a affirmé dans son bulletin du 30 juillet 2010 : « Pour préserver la viabilité budgétaire sans compromettre la reprise, les efforts d’ajustement doivent être concentrés sur les mesures qui nuiront le moins à l'activité économique, à savoir la réforme des prestations des systèmes de retraite et de santé; Dans cette optique, la grande et difficile réforme des retraites annoncée récemment vise à réduire à terme le déficit du système des retraites ; elle met à juste titre l'accent sur le relèvement de l'âge du départ effectif à la retraite, en faisant passer progressivement de 60 à 62 ans l’âge légal du départ en retraite et de 65 à 67 ans l’âge légal minimum ouvrant droit à une pension complète. » Phénomène de cette foire aux charlatans, le rejeton Mélenchon étouffe sous sa gouaille l’embarrassant soutien que ses amis de Die Linke apportent au SPD en Allemagne, à l’instar des écologistes, pour appliquer les mêmes mesures scélérates que dans l’hexagone. Au bout de leur agonie, les vieilles casernes d’extrême gauche accomplissent, quant à elles, leurs ultimes missions, qui consistent à désorienter le prolétariat à partir des spécialisations que les dominants leur ont octroyées au pôle radical de la protestation apprivoisée. Les moins confuses appellent à gauchir les syndicats, faisant accroire que la grève générale est non seulement possible à travers ces carcasses putréfiées mais que cette recette éculée peut aussi permettre de « remporter une victoire significative des travailleurs ». Par là, elles n’évoquent, en réalité, que de simples ajournements dans l’avancée de la broyeuse capitaliste, ce à quoi aboutirent partiellement les mouvements de 1995, de 2006 ou même du « non » au Traité de Constitution Européenne de 2005. Aucun autre repère contemporain n’est disponible sur ce registre aliéné, les seuls succès ouverts étant les aspirations à l’abolition du capitalisme exprimées dans la myriade d’actes autonomes que ces mobilisations ont recelés. Pieds et poings liés, les proies que nous sommes ne pourront plus longtemps se raconter la fable rassurante du compromis social. Nos bourreaux milliardaires, proches de leur disparition de l’Histoire, sont animés d’un féroce instinct de conservation qui précipite déjà leur plan de liquidation de tout ce qui se trouve de l’autre côté de la barrière de classe. Conseils de survie en effondrement global
Seule une véritable prise de conscience politique du prolétariat pourra donner une chance d’éviter le gouffre. Au préalable, cela signifie jeter aux ordures la panoplie de convenances marchandes, dont on nous affuble continuellement. La mentalité recroquevillée de la petite propriété, l’idéologie déshumanisante de la réussite professionnelle, le mythe frustrant de la consommation épanouissante, les exutoires mortifères que sont la religion, les communautarismes nationaux et ethniques, sont à proscrire. Il s’agit de renouer avec une vision de la totalité, basée sur l’appartenance de classe et vouée à dissoudre toutes les composantes sociales. Si la révolution prolétarienne ne se décrète pas, l’extinction des signes de son probable avènement a ouvert la voie à une époque barbare et redondante, où toutes les strates sociétales sont engluées dans le pourrissement du présent mode de production. N’en déplaise aux gauchistes illuminés et aux poussiéreux léninistes, la recrudescence planétaire des conflagrations sociales montre que la combativité des exploités est encore vivace tout autant qu’elle atteste de leur attachement à ce système. Le pillage de la population grecque, en deux plans d’austérité infligés par le socialiste Papandréou, sicaire de la Goldman Sachs, du Crédit Agricole, de la Société Générale, de la Commerzbank et autres argentiers voraces, est un cas d’école des malheurs qui nous attendent. Sans boussole révolutionnaire, les grecs ont suivi les centrales syndicales dans leurs grèves générales d’un jour éparpillées alors que le pays s’enfonçait dans l’abîme. Les secteurs de la population les plus pugnaces n’ont pas été suivis. Pour ne pas avoir posé les questions essentielles de l’affrontement contre l’Etat, de l’expropriation et du contrôle des moyens de production, de l’organisation ajustée à ces objectifs, et même du fonctionnement du monde affranchi, ni les masses argentines, ni les travailleurs helléniques, n’ont pu s’opposer sérieusement au pouvoir destructeur des transnationales industrielles et bancaires, alliées au FMI et autres agences de notation. En évacuant le totalitarisme stalinien il y a 20 ans, les prolétaires ont aussi condamné toutes les issues de secours du blockhaus en flamme qu’est désormais l’impérialisme.Les verrous ne sauteront qu’à la lueur d’une perspective communiste. La vertigineuse dégradation de nos conditions de vie n’entraînera donc pas mécaniquement un sursaut prometteur. Elle sera le ferment des solutions à notre temps uniquement si nous souhaitons ardemment nous battre sur le terrain de classe avec nos propres armes. Beaucoup d’entre nous, dégoûtés par les manœuvres d’appareil se détournent de la lutte ou, résignés, continuent de battre le pavé sans plus y croire. Nous éviterons immédiatement ces croissantes tendances capitulardes, en nous fédérant librement, ce qui implique de dialoguer et non de simplement communiquer avec les mots standardisés que le spectacle met dans nos bouches. Nous grouper dans les quartiers, sur les lieux de travail, entre voisins, collègues, amis, peut être un bon point de départ. Il faudra ensuite tenter de dépasser les syndicats et de neutraliser les groupements politiques institutionnels. Lors des grèves, les assemblées générales serviront de caisses de résonance à nos propos libertaires. Aucun moyen de propagande (affiches, autocollants, tracts, sites internet, radio…) ne sera de trop. Infiltrer les appareils pour en gagner quelques éléments radicalisés s’avérera fructueux. Au cours des manifestations, quand nous serons assez nombreux, nous apprendrons ce qu’est la colère aux bergers de la gauche du formol. Cela ouvrira les boulevards pour nos propres occupations de la rue, que nous aurons su stratégiquement préparer dans nos organisations autonomes pour qu’elles gèlent le sang glacé des vampires du MEDEF, des conseils d’administration des fonds de pension américains, des gros porcs du classement Forbes...
RETRAIT DU CAPITALISME, QUI MET NOS VIES EN RETRAITE ! |